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Ca, c'est une petite mine avec une antenne!

Jeudi 19 mars 2015 à 10:17

La roue commencerait presque à tourner. Alors je m'accroche fort, très fort à cette poignée en tirant toujours plus dessus, pour que cette fichue roue finisse par tourner. J'ai bien senti ces derniers temps que millimètre par millimètre, elle bouge. Je ne lacherai pas. 

Samedi 21 février 2015 à 11:24

J'ai pas envie de parler de ta mort. Je n'ai pas envie de penser à ca. Ca fait 10 ans aujourd'hui que nous avons passé une très bonne journée ensemble, même si c'était la dernière. Et cette année, c'est à ca que j'ai envie de penser, et c'est de ca dont j'ai envie de parler. Le reste, je l'ai déjà assez remué. 

Il faisait froid, c'était pas vraiment surprenant en soi. J'ai du mal à me souvenir de mon trajet jusqu'au lycée le matin. Mon premier vrai souvenir de la journée, c'est toi adossé au mur de brique devant la salle de physique chimie, la 212. En jean, aussi bien le pantalon que la veste, comme à ton habitude. Coiffé avec ton gel, je me souviens m'être dit que j'allais encore pouvoir m'amuser à te l'enlever. Tu parlais avec Julie, et quand nos regards se sont croisés, tu m'as fait un sourire. Un vrai. J'ai souris aussi, j'étais heureuse de te voir. Les sms c'est bien gentil, mais ca faisait quinze jours que je ne t'avais pas vu, et c'était long. Les cours se sont passés, nous sommes partis à la cantine ensemble le midi. Tu allais bien, tu était joyeux. J'ai beau faire des efforts, plus les années passent plus ton visage devient flou. Je me souviens de la couleur de tes yeux, de la façon dont le coin de ta lèvre se soulevait quand tu souriais, et de cette petite boule de chair sous ton oeil. Je n'arrive même plus à me souvenir des détails de notre dernière journée. Je me souviens qu'on a ri, que je t'ai décoiffé, que j'étais contente de te voir de si bonne humeur. J'étais stressée comme pas possible par le voyage du lendemain, ces dix jours dans une famille allemande me pétrifiaient. Toi, comme d'habitude, on avait l'impression que ca ne t'inquiétait pas. De toute façon, tu t'en serais très bien sorti. Le cours d'allemand en 803 s'est terminé, tu t'es levé de ta chaise au bout de la classe. Tu m'attendais dehors. On s'est fait la bise, on s'est dit a demain, tu m'as chatouillée une dernière fois. J'attendais les autres, toi as dit que tu devais y aller, et tu es parti, en me souriant. Et je te souriais aussi. C'est cette image que je voudrais garder. Ton sourire étalé sur ton visage fin. 

J'ai peu de souvenirs au final, il me reste mes impressions, et quelques flash. Ca parait si loin tout ca. J'aurais du coucher tout ca sur du papier il y a bien longtemps, quand les souvenirs étaient frais, vivants. J'étais trop occupée à me demander pourquoi. La journée va être longue tu sais. Je vais être avec elles, et je ne veux pas leur rappeler quel jour nous sommes, au cas ou elles auraient la chance de ne pas s'en souvenir. Alors j'aurais besoin d'un petit coup de main. D'un sourire. Tu me manques Gaetan.

Mardi 23 décembre 2014 à 13:01

Il ne fait pas très beau dehors. Ceci dit, au mois de décembre par chez moi, ca n'a rien d'étonnant. Et j'ai les neurones qui s'agitent depuis une petite heure entre les notes de cette jolie chanson écossaise. 

Ca fait plus de trois mois que j'ai fini mes études. Je crois qu'avec un Bac+5 dans le domaine que je souhaitais, je pourrais être fière de moi. Après tout, ce n'est pas donné à tout le monde. Oui, mais....Mais je suis au chômage depuis ce moment la. Comptant que je me suis pris un mois et demi de vacances pour me reposer un peu à la sortir de mon stage, ca fait un mois et demi que je cherche du travail, et que je n'en trouve pas. Et mon orgueil en a pris un coup, soyons honnêtes. Avant, j'arrivais toujours à m'en sortir, même quand les autres galéraient, je trouvais le stage, le truc trop cool que tout le monde aurait voulu, il était pour moi. Alors il serait juste de dire que je suis devenue un peu vaniteuse sans vraiment m'en rendre compte, et que le fait de ne pas trouver de travail tout de suite la maintenant m'a mis un bon coup de pied au cul, alors qu'en soi ca n'a rien d'anormal. Oui mais, je n'ai pas fait 5 années d'études sup pour être au chômage. Ca non. 

Sauf qu'au lieu de prendre ce coup de pied au cul et de faire un bon en avant, j'ai plongé dans le sable la tête la première à m'apitoyer sur mon pauvre petit nombrl en me disant qu'en réalité je ne valais rien et que j'allais tout foirer. J'étais persuadée d'être douée dans mon domaine, et il a bien fallu revenir à la réalité, heureusement que mon stage de M2 et celui de M1 m'ont sorti de l'enseignement creux que j'ai reçu à la fac. Mais bon, a voir comme ca, j'suis pas la dernière des buses non plus. Couillon que je suis, je voudrais a 25 ans avoir l'expérience et les connaissances d'un mec de 50 ans qui bosse la dedans depuis 30 ans. Oui oui, parfois la logique et moi ca fait deux, voir plus. 

Comptant aussi que ce petit état pré dépressif dans lequel je me suis retrouvée pendant quelques mois à me regarder le nombril sans vraiment sortir la tete du sable m'a fait être assez extraordinairement désagréable avec les rares personnes qui étaient encore la pour essayer de m'aider, j'ai des choses à me faire pardonner. La première chose à faire étant de se mettre soi même un bon gros coup de pied dans le derrière et sortir de cette léthargie comateuse. Allez zou!

Lundi 1er décembre 2014 à 19:39

L'air dans la pièce ressemblerait presque à du goudron. Engluant les poumons, écrasant la poitrine. Je m'essouffle pour faire quelque chose qui m'a toujours paru aussi évident que deux et deux font quatre. L'envie, la passion, la joie, les sourires vrais, tout ca me semble bien loin. Pouvoir sourire sans qu'une petite vois dans ma tête ne glisse à mon oreille "eh, n'oublie pas tout qu'il faut encore régler, t'es pas sortie de la merde ma fille", faisant redescendre le coin de mes lèvres aussi surement que si on l'avais lesté de plomb.

Je sais bien que la roue finira par tourner. Que si elle ne le fait pas d'elle même, j'irai lui mettre un bon coup de pied au cul pour qu'elle me rende ce qui me revient. Et un peu de confiance ne soi avec, siouplait. J'me sens seule. Oui, vraiment seule. Un peu comme si une paroi de verre aussi épaisse qu'un bunker me séparait de ces gens que j'aime, et qui ne m'entendent pas hurler. En même temps, peut être que si je parlais, peut être que si je leur disais clairement que j'ai besoin d'aide, que derrière mes sourires et ma fausse assurance destinée à les rassurer je flanche depuis déjà un certain temps, ils pourraient fracasser cette paroi et venir me prendre la main. Qui sait...

Mais bon, c'est pas trop le genre de la maison d'aller trouver quelqu'un pour dire "eh, je ne vais pas bien la, vraiment pas bien, tu veux pas qu'on fasse un truc? ". Et vu que les rares fois ou j'ai réussi à émettre une suite de sons ressemblant à ca ces derniers temps, la seule réponse que j'ai eu se borne à "ah ouais, c'est sur que c'est pas forcément évident, mais bon ca finira par aller mieux". Oui, merci, je me suis déjà dit ca hier. On est aujourd'hui, alors je vais encore me dire que ca ira mieux demain. Et demain, comme dans les périodes comme celle ci ou tout semble vous tomber sur le coin du nez juste au moment opportun, il se passera surement ENCORE un truc qui fera que je hurlerai un bon coup à l'intérieur à la vie que si elle continue comme ca, j'irai d'ici peu lui mettre une bonne tarte. Comment j'en sais rien, je trouverai bien. Mais promis madame, c'est pas la première fois que tu m'en met plein la tronche. La dernière date presque de dix ans maintenant, ca tombe bien ca fera un bel anniversaire, j'en cauchemarde déjà depuis une semaine. Je te botterai le cul quand même, je serai heureuse et un jour je rirai en lisant ces lignes. 

Merci, ce sera tout pour ce soir. 


 

Mardi 26 août 2014 à 21:05

Il se fait tard, et le soleil de fin d'été se couche tranquillement à l'ouest. Et sur les toits amienois, un voile de sérénité est tombé. Les nuages étalent leur palette de couleur, du bleu profond au rose fuschia. Et c'est beau. 
La Picardie. Vingt-cinq ans de ma vie. Et bientôt, tout ca sera peut être derrière moi. Je suis heureuse de ce projet, et j'ai vraiment envie qu'il se réalise. Mais ce soir, je réalise ce que je laisserai ici. Mon enfance, ma famille, mes amis. Je n'ai connu que ca moi. Que ces grands champs à perte de vue, cette agriculture intensive qu'aujourd'hui je vois avec les yeux d'une botaniste. J'étais une élève moyenne au lycée. Dissipée, sans confiance en elle. Je n'ai toujours pas grande confiance en moi, mais j'y travaille. Pour ce qui est du coté dissipé...je me prépare à faire une thèse. Et que je l'ai ou non, j'en serai arrivé la. Et compte tenu de mes antécédents, c'est déjà franchement pas mal. 

J'ai 25 ans. C'est pas l'âge où on est sensé faire un point ca? 
J'écoute toujours Indochine, ca n'a pas changé. Je n'ai pas fondamentalement changé en 25 ans je crois. J'ai appris, et je fais en conséquence. Mais je reste cette gamine réveuse et méfiante à la fois. Rêveuse devant ce que la vie peut offrir, devant les merveilles qu'elle a créé. Méfiante parce que je sais qu'elle peut vous reprendre ce qu'elle vous a donné en un claquement de doigts. Evidemment, je ne peux pas dire ca sans penser à toi. Dix ans bientôt. Qu'est devenue la gamine de 15 ans que tu as laissé ce jour la? Une jeune femme de 25 ans, toujours à pleurer quand elle se met à penser un peu trop à toi. Parce que oui, toi aussi je te laisse la. Je ne pourrais plus passer devant ta maison. Je ne passerai plus devant notre lycée. Je n'aurai plus que mes souvenirs la bas, et plus rien de concret pour les faire revivre. 

J'ai la trouille bien évidemment, il paraît que c'est normal. J'imagine que oui. Après tout, je ne connais rien de cette région qui pourtant me passionne. Je sais que j'y serai heureuse, parce qu'il sera avec moi. Parce que mes bestioles viendront aussi. Mais pour le moment, j'ai la trouille. Que ca marche ou que ca ne marche pas, dans les deux cas d'ailleurs, j'ai peur. Et je n'imaginais pas le soulagement que me ferai éprouvé le fait de coucher tout ca ici. Je crois même que ce qui me fait peur au fond, c'est de voir a quelle vitesse la vie vous file entre les doigts. Je profite de chaque instant, a grande vitesse. Et parfois, un couché de soleil, et le temps s'arrête. Et je me rends compte que j'ai déjà 25 ans. 

J'ai trouvé l'homme de ma vie. Celui que j'ai toujours cherché sans m'en rendre compte. Il m'est tombé dessus le jour ou j'avais perdu tout espoir de le rencontrer. Il est dans la chambre d'a coté, et je ne le laisserai jamais partir plus loin. Sans lui, je n'aurais jamais eu le courage d'envoyer cette candidature. Je n'aurais jamais tenté tout ca. Je n'aurais jamais cru assez en moi pour le faire. J'ai une famille formidable, je sais qui sont ceux que je veux garder prés de moi pour le reste de mes jours. J'ai une jument et des bestioles fabuleuses. J'ai de la chance. Enormément de chance. Et au final, je me rends compte que j'ai peur pour une bonne raison. J'ai peur, comme tous les gens qui ont beaucoup à perdre. 

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